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en complément des diaporamas téléchargeables

 

ALLOCUTION D’INTRODUCTION DE GENEVIÈVE MAURAS

Directrice de l’ISSBA

Directrice de l’Institut Supérieur de la santé et des Bio produits d’Angers, je tiens d’abord à vous remercier tous. Je suis impressionnée et reconnaissante à ceux qui se sont mobilisés pour que cette journée puisse avoir lieu. Cette journée est une première en France comme le  Master Risque en santé de l’environnement bâti dont Suzanne Déoux est le chef d’orchestre et la créatrice…

L’ISSBA est une école dans l’Université. Elle a aujourd’hui 18 ans. Nous avons notre majorité ! Cet institut universitaire permet d’offrir à l’étudiant des systèmes de formation très différents à la fois traditionnels et professionnalisants… Les parcours proposent beaucoup de techniques et de stages avec un accompagnement très fort vers un projet personnel. Ceci fait qu’au cours des cinq années d’études, l’étudiant choisit sa voie et son avenir en gardant un potentiel important de réintégration lui permettant de s’adapter au marché de l’emploi. Notre taux d’insertion professionnelle est ainsi excellent de 95 à 98 % dans les trois mois qui suivent le bac +5.

Depuis la création de l’ISSBA, nos formations sont innovantes et offrent les compétences nécessaires aux besoins émergents liés aux évolutions de la société. C’est ainsi que l’ingénierie de stratégies de santé dans le bâtiment devient nécessaire au monde de la construction.
 

ALLOCUTION D’INTRODUCTION DE CHRISTOPHE BÉCHU

Président du Conseil Général du Maine-et-Loire

Je voudrais dire, en qualité de président du Conseil général du Maine-et-Loire, cette fierté qu’est la mienne de voir ce colloque, ce premier colloque bâtiment et santé, se tenir aujourd’hui à Angers. Je salue les angevins qui sont là et encore plus ceux qui ne sont pas angevins et qui découvrent à l’occasion de ce colloque notre territoire pour une raison simple ; c’est qu’Angers et son département ne sont pas suffisamment connus.

Angers a une particularité. 18e ville de France (150 000 habitants intra-muros  et 280 000 dans l’agglomération, presque 800 000 dans le département), elle  a un très gros potentiel d’étudiants — autant qu’à Nantes — lié à la présence de l’Université catholique de l’Ouest et aussi à un réseau d’écoles supérieures autour de la Catho ou de l’Université d’État. Ceci permet de générer une densité importante d’initiatives. Ajoutez à cela, un Centre hospitalier particulièrement performant et vous aboutissez au cocktail nécessaire pour faire en sorte que de cette pluridisciplinarité émerge les idées et que nous ayons ainsi à Angers, le premier master de France sur le lien qui existe entre le bâtiment et la santé.

Pour l’élu que je suis, c’est la claire conscience que nous sommes là sur des enjeux qui sont sur le plan économique et financier absolument colossaux. Ça coûte beaucoup moins cher de faire bien tout de suite que d’être obligé de s’y reprendre  en plusieurs fois. Nous avons mis en place dans le département un plan de lutte pour essayer de résorber l’habitat insalubre à cause des conséquences qu’un mauvais entretien de l’habitat et une mauvaise conception initiale, pouvaient faire courir à la santé. Depuis l’existence de ce programme, en 2008, c’est en moyenne 200 logements par an que nous repérons, à l’échelle du département, pour leurs risques pour la santé que cela soit des maisons les plus vielles, d’avant 1949 avec des problèmes éventuels de saturnisme, des intoxications au monoxyde de carbone liées à un chauffage qui fonctionne mal, mais aussi, dans de nombreux cas, il s’agit d’une humidité anormale ou excessive avec ses conséquences sur la santé de ceux et celles qui habitent ces logements, sans oublier les risques de légionelloses.

Bien concevoir le logement, en intégrant les préoccupations santé permet d’éviter que, dans cinq ans, dans dix ans, dans quinze ans, dans vingt ans… de revenir devant les collectivités, les financeurs pour leur demander qu’ils payent des travaux de rénovation.

C’est bien entendu, prévenir de manière immédiate cette question du développement durable et de l’économie des ressources, car refaire les choses plusieurs fois n’est guère satisfaisant dans une optique du développement durable.

On n’arrête pas dans ce pays et dans de nombreux domaines, de nous expliquer que l’avenir, c’est dans la prévention… Dans le domaine de la formation aux gestes de premiers secours, notre pays est en train d’essayer de se doter de défibrillateurs, mais il y a un retard dans la formation au secourisme dans les collèges et lycées ce qui n’a rien de comparable avec la culture qu’il peut y avoir dans d’autres pays. Dans plein de domaines, on est capable d’expliquer qu’il faut faire de la prévention, mais on a de la difficulté à passer du discours aux actes.

La réflexion sur les bâtiments d’avenir, c’est faire en sorte que dans la construction, on soit dans une logique de prévention, une logique de prévention directe par rapport aux problématiques de santé. Une logique de prévention, je permets de le dire aussi par rapport à ce défi sociétal et de santé fantastique que constitue la montée de la dépendance. Parce que la manière de concevoir les logements et d’accompagner un vieillissement évolutif et les conséquences de l’inadaptation des logements en poussant les gens vers des structures fortement médicalisées, a des liens et des connexions évidentes.

Pour toutes ces raisons, réfléchir comment on construit mieux, comment on construit bien et comment on construit en pensant aux usages qui vont aider la santé de ceux et celles qui vont habiter ces bâtiments, me semble susciter des questions tout à fait fondamentales qui justifiaient ce colloque auquel le Conseil Général du Maine et Loire est fier d’être associé.

Je voudrais simplement en vous remerciant tous et toutes de participer à cette journée, vous dire aussi l’admiration qui est la mienne et les remerciements spécifiques que j’adresse aux deux femmes qui sont les maîtres d’œuvre de la manifestation d’aujourd’hui, à la fois le Professeur Mauras et Professeur Déoux. Je les remercie pour leur ténacité, mais aussi pour toute l’énergie si particulière qu’elles ont été capables de mettre dans une idée. Quand on est les premières à faire quelque chose, il faut s’efforcer de défricher, de déplacer des montagnes pour expliquer. Cela nécessite beaucoup d’efforts, mais cela vaut le coup, et notamment un coup de chapeau particulier, car le pari est en passe d’être réussi. Ce sera le sens de la conclusion de cette intervention. Je vous demande donc non pas d’applaudir l’orateur qui s’est exprimé, mais celles qui sont à l’origine de cette manifestation.

Merci à tous et bon colloque.
 

INTERVENTION D’ALAIN MAUGARD

Président de Qualibat, ancien président du CSTB

Le bâtiment, moteur de bien-être

Pendant longtemps, ce qui comptait le plus, c’était la santé du bâtiment avant la santé de ceux qui occupent le bâtiment. Les questions de santé environnementale sont arrivées dans le bâti en réponse à un excès d’économie d’énergie. Par exemple, l’étanchéité de l’enveloppe, sans réflexion globale, peut conduire à de sérieuses bêtises pour la qualité de l’air intérieur. On a  évoqué d’abord l’impact environnemental du bâtiment sur la planète. La première chose qu’on a demandée aux acteurs du bâtiment, c’est de diminuer l’empreinte écologique des constructions sur la planète. Ce n’est que récemment que l’on s’est intéressé à un être particulier qu’est l’Homme, et on a repensé à la santé de cet animal urbain vivant à l’intérieur de ce monde bâti.

L’environnement du travail n’est pas un endroit de protection. Quand on arrive chez soi, on a envie d’être à l’abri. Le désir de protection est très fort dans le bâtiment et le logement ce qui a d’ailleurs été abordé par Monsieur Béchu. Mais il y a aussi quelque chose de plus ! Non seulement, on ne veut pas abîmer sa santé dans le bâtiment — ce que j’appelle le côté défensif — et si le bâtiment était le lieu pour guérir ? Pour cela, des Bâtiments Santé Positive® permettent l’épanouissement des gens. C’est plus que du confort, c’est être bien. Il est des endroits où vous sentez bien, vous êtes de bonne humeur parce que le lieu lui-même est en train de vous porter à quelque chose : de l’émotion, des sensations . C’est mieux de parler de bien-être, concept plus vaste que la seule préoccupation de prévention des maladies. Les occupants peuvent avoir une réaction égoïste et se soucier de leur santé avant d’être citoyens du monde ; mais je crois que la santé de chaque individu se projette aussi dans la santé collective.

(Bâtiments Santé Positive® est une marque déposée depuis février 2008 par MEDIECO, dirigé par le Dr. Suzanne Déoux, pour promouvoir d’authentiques performances sanitaires du bâti)

Quelle est la situation actuelle ? Analysons les éventuelles difficultés.

Il y a peu, on ne savait rien sur la qualité de l’air intérieur. On amis l’accent sur cette question-là, nous étions trois chercheurs  il y a 20 ans, ils sont quarante aujourd’hui… Les paramètres de l’air extérieur ne sont pas les mêmes que l’air intérieur. Y-a-t-il un indicateur de l’air intérieur ? Si oui, on peut prétendre gérer la qualité de l’air… L’idée du juste renouvellement de l’air est plus compliquée qu’on ne le croit. Il est influencé par les matériaux en contact. Donc on ne peut pas dire qu’il y a un chiffre absolu du renouvellement de l’air, il doit tenir compte des produits émis par les revêtements de sol, de mur et de plafond. Certains pensent que la solution est de ventiler beaucoup. Cela a un coût énergétique. Je pense qu’il va y avoir un arbitrage entre les deux qui ne va pas être le même selon l’intermittence d’occupation des locaux.

Si j’insiste lourdement là-dessus, c’est pour en tirer une conséquence. Nous ne sommes qu’au début d’une science qui monte, d’un savoir qui va s’organiser comme aujourd’hui, à ce colloque, où je  vois des étudiants qui comprennent qu’il y aura pour eux de l’avenir et de l’emploi. Si la question est complexe — ce que je crois — il faudra une professionnalisation des métiers. C’est dans la conception des bâtiments que se joue l’intelligence d’approche des problèmes qui nécessite du talent. Le talent, il faut le payer, créer une architecture intelligente au point de vue approche énergétique et santé environnementale.

J’ai parlé de conception, mais il faut aborder maintenant l’exploitation et l’utilisation. On ne peut pas les séparer. La santé environnementale se joue au moment de l’occupation. La conception et l’utilisation ne peuvent être séparées. Le moment de l’utilisation est fondamental.  Donc la conception que l’on a du bâtiment ne peut pas être isolée du comment il va être occupé. Une question, par exemple : pourquoi un certain nombre de personnes bouchent les entrées de ventilation ? Sont-ils contre l’idée de faire rentrer de l’air ou est-ce nous qui n’avons pas fait le nécessaire dans la distribution et les dimensionnements pour faire disparaître le besoin d’obturer les entrées d’air ?

Pour les entreprises de bâtiment, lorsqu’il y a un enjeu de sécurité et de santé, il y a une obligation de compétences qui doit être mesurée par des qualificateurs. Certaines se déclarent « autocompétentes ». Je leur dis : si vous êtes compétentes, prouvez-le ! Nous arrivons à une période où la compétence associée à la qualification sera absolument essentielle. En clair : il faut relever le niveau pour changer l’image. Le monde du bâtiment ne peut pas entrer dans cette ère aux enjeux aussi forts en énergétique, en environnement et en santé environnementale, sans avoir une exigence de compétences. On va y arriver. Cela va faire venir des gens de meilleure qualité dans le secteur du bâtiment.

Ce dont on va parler toute la journée, ce sont des phénomènes savants et complexes. Nous ne sommes plus dans le contexte traditionnel dans lequel on pense qu’on est formé à vie dans le même métier. Nous allons rentrer dans un temps d’accélération et de modernisation du bâtiment qui va nécessiter une formation à renouveler tous les cinq ou dix ans. Les progrès des industriels vont être plus forts qu’on ne le croit : il va y avoir modification, modernisation, innovation dans les produits. C’est donc un secteur où il faut que les concepteurs et les entreprises qui auront à prescrire les produits nouveaux aient des connaissances. De toute façon, la santé environnementale existe en elle même, elle est, en plus, impactée par l’énergétique.

Je voudrais ajouter quelques remarques sur le Grenelle de l’environnement. Concernant le bâti, des décisions très importantes ont été prises, notamment l’obligation à terme d’avoir des fiches environnementales et sanitaires des produits de construction. Comment prescrire si on n’a pas les informations ? C’était une course de lenteur des industriels sur cette question des mesures et des fiches. On a un peu refusé un label général dichotomique « bons ou mauvais matériaux ». On a préféré établir des fiches multicritères et laisser le choix. Sur la ventilation, nous réfléchissons avec Uniclima, partenaire de cette journée, à donner une qualification de compétence.
 

INTERVENTION D’EMMANUEL BRIAND

Chef du bureau de l’environnement intérieur, des milieux de travail et des accidents de la vie courante à la Direction générale de la santé (DGS)

Bâtiment et santé. De la première loi de santé publique au second plan national santé-environnement

La prise en compte de la relation entre santé et environnement bâti n’est pas récente. En 1902, la loi sur l’hygiène publique instaure le règlement sanitaire municipal, le permis de construire délivré par maire, la procédure de compétence municipale visant l’insalubrité des immeubles, le bureau d’hygiène dans les communes de plus de 20 000 habitants et le service public d’hygiène dans chaque département. Dans des supports d’information diffusés en 1920, l’aération des locaux de travail est déjà reconnue facteur de santé et de performance.

Dès 1988, le carnet de santé de l’habitation attire l’attention sur trois polluants présents dans les bâtiments : formaldéhyde, amiante et radon. Le PNSE 2009-2013 élargit les préoccupations sanitaires à de très nombreux agents : particules, substances cancérogènes, mutagènes, toxiques pour la reproduction (CMR), bruit, qualité de l’air intérieur, amiante environnemental, radon, habitat indigne, personnes vulnérables, notamment les enfants, risques émergents. Le PNSE2 prévoit des actions concrètes pour prévenir les risques sanitaires liés au bâtiment.

 

INTERVENTION DE CLAIRE-SOPHIE COEUDEVEZ

CSC Conseil Santé Construction. DRT et Master RISEB (ISSBA)

La santé dans les labels et certifications environnementales et internationales des bâtiments

De nombreux labels environnementaux des bâtiments émergent dans le monde entier. En Europe, il en existe plus d’une vingtaine. La place de la santé dans les 50 référentiels que nous avons analysés est très variable. Au maximum, 20 % des critères demandés concernent l’impact sanitaire. La pertinence sanitaire de notre tour du monde des labels a été  évaluée face aux thématiques suivantes : ventilation et qualité de l’air, environnement lumineux, environnement acoustique, confort hygrothermique, produits de construction, qualité de l’eau L’hygrométrie est un paramètre très souvent négligé. Les exigences relatives aux produits de construction sont hétérogènes de même que celles concernant les mesures de qualité de l’air intérieur. La santé est, de manière générale, en option ! Un bâtiment peut obtenir un haut niveau de labellisation avec un très faible niveau de préoccupations sanitaires.

 

TABLE RONDE

Des acteurs déjà engagés pour des bâtiments à faible impact sanitaire

Corinne Fouquet

Direction des Lycées, Région Centre

L’ingénierie de santé dans le cadre bâti et urbain a été perçue comme un besoin réel au sein de nos équipes de la Région Centre. La stagiaire du master RISEB a su intégrer ses compétences dans tous les champs d’actions du bâtiment. La Direction est convaincue de cette nouvelle stratégie et a signé un contrat de trois ans avec la jeune diplômée de l’ISSBA qui occupe un poste de chargée de programmation.

 

Agnès Lostis

Directeur Développement durable Bouygues Immobilier

Instaurer, au sein de Bouygues Immobilier, une culture autour de la relation santé-bâti a été la mission d’une stagiaire du master RISEB au cours d’une première année. Désormais, depuis son embauche, la stratégie de notre entreprise est de remettre l’humain au centre des préoccupations au lieu de construire des bâtiments ultra-performants sans y intégrer la qualité d’usage. Un plan d’actions avec quatre axes a été mis en place. Réduire les polluants à la source nécessite un travail en amont avec les fournisseurs de matériaux. Ensuite, travailler sur la thématique majeure de la ventilation. Assurer la veille technologique et scientifique, outil indispensable pour anticiper les innovations du bâtiment en perpétuelle évolution. Enfin, évaluer l’efficacité de nos actions par des mesures de qualité de l’air intérieur.

 

Eric Bussolino

AIA Architectes Ingénieurs Associés

La qualité sanitaire du bâtiment tertiaire est intégrée dans une approche multicritères de la qualité environnementale se déclinant par un travail sur les ambiances (confort hygrothermique, lumineux et acoustique) et sur la qualité de l’air intérieur (émissions émanant des matériaux et systèmes de ventilation). Bien que AIA prenne en compte la thématique santé dans les établissements tertiaires, l’avancée est attentive et prudente pour plusieurs raisons. Les actualités sont très denses (arrêté d’étiquetage sanitaire des produits de construction, référentiel HQE performance, etc.). Il n’existe pas de logiciels pour intégrer la santé et anticiper. Certains industriels communiquent peu sur les impacts sanitaires de leurs produits dans les FDES. Le chargé de projet du pôle d’expertise environnementale doit avoir des compétences pluridisciplinaires avec une approche scientifique élevée qui lui permettent de gérer un projet dans sa globalité.

 

Jean-Philippe Bérard

Président de la Fédération française du bâtiment Pays de la Loire

L’acte de construire s’accompagne de nuisances assez importantes que les entreprises doivent limiter le plus possible : le bruit, la poussière, les déchets…

En France, le secteur du bâtiment avait pour tradition de rester dans une certaine verticalité des différents métiers. Aujourd’hui, nous sommes obligés de travailler en transversalité. Pour gérer les interventions des différents corps d’états, nous avons créé un logiciel. Pour que les entreprises soient en phase avec ce que l’on appelle les nouvelles réglementations thermiques, nous formons des Pros de la performance énergétique®, dont déjà une centaine en Pays de la Loire. Au niveau national, 600 entreprises pourront, en fin 2011, diagnostiquer et préconiser.

 

Julien Le Couturier

Délégué régional de la Nef, société coopérative de finances solidaires

La NEF est une société financière coopérative de plus de 27 500 sociétaires qui souhaitent que leur argent serve de manière transparente à financer des projets professionnels et associatifs dans les secteurs environnementaux, sociaux et culturels. Ainsi, la Nef est appelée à financer des architectes et des bureaux d’études spécialisés dans l’éco-construction bioclimatique, des constructeurs de maisons bois ou paille bioclimatique BBC et passives, des charpentiers et ébénistes, des artisans utilisant des matériaux écologiques mais aussi des boutiques de négoce de matériaux d’éco-construction (isolation, peinture, etc.) A côté de ces projets professionnels, la Nef soutient des associations proposant des stages et formations, des éco-centres à visiter et des lieux de réflexions autour du secteur de l’impact de la construction sur la santé.

 

Bertrand Dubois

Directeur Général LogiOuest, Groupe Polylogis

Je voudrais remercier d’avoir invité le logement social à participer à cet enjeu de santé dans le bâtiment. Tout d’abord, quelques chiffres pour témoigner de l’ampleur de la tâche. Au plan national, ce sont 773 organismes HLM qui gèrent 4 millions de logements locatifs, 200 000 logements-foyers 4 200 000 logements et hébergent environ 10 millions de personnes. Sur les cinq départements des Pays de la Loire, il y a 198 000 logements sociaux et 3 800 emplois. 5 000 réhabilitations sont effectuées chaque année. Le loyer mensuel moyen est de 4,3 € par mètre carré alors que dans le privé, il est de 8 à 9 € /m2. La difficulté pour les bailleurs sociaux est de conjuguer l’amélioration du bâtiment et la restriction budgétaire.

Nous sommes engagés dans les économies d’énergies et dans la formation des habitants. Les compétences d’ingénierie de santé constituent un apport indispensable dans cette approche et dans la démarche de Responsabilité Sociétale des Entreprises (RSE). La santé dans les logements sociaux ne se réduit pas à la qualité de l’air intérieur, mais concerne aussi la qualité d’usage des logements et l’amélioration des liens sociaux entre locataires : « être mieux ensemble ». Cet état d’esprit nécessite la sensibilisation des locataires pour être efficace. Mais, sensibiliser n’est pas  synonyme de changer les comportements !

Les chiffres clés 2010 du logement social communiqués par Bertrand Dubois

1. Au niveau national

On dénombre au total 773 organismes Hlm animés par 12 000 administrateurs bénévoles et 76 000 salariés.

Le parc locatif social

Ces organismes possèdent 4 millions de logements locatifs et 0,2 million de logements-foyers. 85 % environ de ces logements sociaux sont collectifs ; 15% – soit 550 000 – sont donc des logements individuels. En 2009, les organismes ont mis en chantier 77 000 logements. Ils en ont acquis et amélioré 14 000, et acquis sans travaux 11 000. L’offre locative sociale nouvelle a donc atteint environ 102 000 logements.

Les organismes Hlm logent environ 10 millions de personnes. Le parc Hlm accueille des ménages répondant à des conditions maximales de ressources. Par rapport à la structure de la population française, les habitants du parc locatif social se caractérisent par une surreprésentation des familles monoparentales (19 % des ménages logés par les organismes contre 7 % dans l’ensemble de la population) et des locataires de nationalité étrangère (10 % contre 5 %) et par le caractère modeste de leurs revenus. Chaque année, 450 000 familles environ sont accueillies, soit dans des logements neufs, soit dans des logements libérés par leurs occupants.

En moyenne, dans les grandes agglomérations, les loyers dans le parc locatif social sont deux fois moins élevés que dans le parc privé.

Le secteur Hlm : un poids lourd de l’économie

  • En 2008, le secteur HLM représente:
  • 10,6 milliards d’euros d’investissements,
  • 16,5 milliards d’euros de loyers (et 4,7 milliards de charges récupérables),
  • 2,5 milliards d’euros de dépenses d’entretien, soit 15 % des loyers,
  • 96 milliards d’euros de dettes financières

Source : USH, chiffres clés mis à jour en août 2010

2. Au niveau régional : la région Pays de la Loire

On dénombre au total 48 organismes Hlm dans les Pays de la Loire animés par 530 administrateurs bénévoles et 3 800 salariés.

Le patrimoine locatif social

La région Pays de la Loire représente 198 300 logements sociaux, soit 5% du parc national, répartis sur 5 départements :

  • 69 700 en Loire-Atlantique
  • 57 100 en Maine-et-Loire
  • 15 600 en Mayenne
  • 36 800 dans la Sarthe
  • 19 100 en Vendée

La localisation est très majoritairement urbaine, à 87% et 74 % des logements sont collectifs.

386 700 personnes sont logées dans le parc locatif social, soit 11% de la population régionale.

L’activité des organismes d’habitat social

5 140 logements locatifs sociaux ont été financés en moyenne par an entre 2005 et 2009. Environ 1 200 logements en accession ont été produits en 2009. Environ 350 logements sont vendus chaque année et 6 500 logements sont réhabilités en moyenne par an par organismes d’Hlm. 26 000 attributions par an sont effectuées dont 10% dans des logements neufs.

Source : USH Pays de la Loire, chiffres clés 2010

 

ALLOCUTION DE CLÔTURE DE PHILIPPE PELLETIER

Président Plan Bâtiment Grenelle

Le développement durable, c’est mettre l’homme au centre de l’immobilier où nous vivons et nous travaillons.

Chaque fois que nous avons une décision à prendre, il faut envisager la santé des utilisateurs. Je voudrais insister sur quelques points.

D’abord la construction du bâtiment. Nous avons des chantiers où la santé n’est pas complètement assurée. Il y a beaucoup trop d’accidents du travail. Nous avons des efforts à faire pour améliorer la santé des équipes qui travaillent à l’édification des bâtiments. La révolution de la construction commence par une meilleure sécurité dans les chantiers.

Ensuite, je ne sais pas si vous avez inclus, dans votre définition de la santé, le vieillissement et le handicap. Sur ces problématiques, nous avons beaucoup de choses à faire. Le « vivre ensemble » de notre société suppose plus d’attentions aux handicapés et une plus grande accessibilité des logements. Le vieillissement dans les logements impose d’assurer le maintien à domicile de quantité de gens : ceci qui laisse supposer que le logement se transforme.

Le dernier point est celui du développement durable et de l’économie d’énergie associés à une bonne santé dans le logement. Il faut que le couple ventilation et isolation fonctionne. L’économie d’énergie, c’est aussi la possibilité de dépenser moins en charges d’exploitation, de disposer de plus d’argent pour le « reste à vivre », de favoriser le « mieux-être » et donc la santé.

On est dans la phase de conciliation du bien-vivre et du développement durable. J’y vois une similitude avec la santé au travail qu’on élargit vers les risques psychosociaux. Il est à la fois nécessaire d’engager un important travail de formation de ceux qui sont chargés de réaliser, de transformer et d’assurer la maintenance des immeubles et de développer des actions d’information de ceux qui vont utiliser les locaux. Il faut informer sur les conséquences du comportement de chacun, notamment sur les consommations d’énergie. De même, ce n’est pas naturel de savoir utiliser une VMC. Je ne serais pas choqué que lorsqu’on prend possession d’un logement, on vous donne un mode d’emploi. Il faut réapprendre à vivre de manière saine dans le logement.